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CercLL d'Entraide et Réseau Coopératif Autour des Logiciels Libres

Logiciels libres : la Culture et l’Education nationale énumèrent leurs actions

Posted by CercLL sur 8 août 2013

Ils utilisent : Suite des réponses des ministères aux questions sur leurs usages et leurs dépenses en logiciel libre. La Culture veut « profiter au mieux des avantages du logiciel libre, mais aussi entretenir le cercle vertueux de son écosystème ». L’Education nationale totalise plus de 4.000 serveurs sous Linux dans les rectorats.

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Questionnés, comme tous les ministères, par la députée écologiste Isabelle Attard en mai dernier, les ministères de la Culture et de l’Education nationale viennent de publier leurs réponses, après d’autres dont les Affaires étrangères, l’Agriculture et l’Economie.

 

Comme ces derniers, ils mettent en avant leur conformité à la circulaire de septembre 2012 sur l’usage des logiciels libres dans l’administration, point de départ des questions de la députée.

 

Culture: une politique « qui remonte au début des années 2000 »

 

Le ministère de la Culture et de la Communication déclare ainsi que chez lui « l’usage des logiciels libres est une politique de longue date qui remonte au début des années 2000 ». Premier ministère doté d’un site (culture.gouv.fr), « il a su très tôt faire appel aux logiciels libres pour développer son système d’information de manière ouverte aux nouvelles technologies dans un cadre contraint budgétairement ».

 

« Les développements informatiques, lorsqu’ils ne se limitent pas à la mise en œuvre de solutions métiers propriétaires sur étagère, reposent systématiquement sur une ‘pile’ logiciels libres: Linux, Apache, Tomcat, MySQL ou PostGreSql. Les technologies coûteuses ou en voie d’obsolescence au niveau serveur se verront substituer des technologies libres, avec par exemple un recours à PostGreSql pour le remplacement de base de données existantes, le recours à Linux pour le remplacement d’autres systèmes UNIX résiduels… »

 

Le ministère souligne mener des opérations « lui permettant de profiter au mieux des avantages du logiciel libre, mais aussi d’entretenir le cercle vertueux de son écosystème ».

 

Il cite entre autres exemples pour la dernière année l’expérimentation d’une solution de gestion électronique de document en version communautaire, le développement d’une souche libre de gestion de référentiel terminologique (GINCO) et l’amélioration de l’interopérabilité des suites bureautiques libres et propriétaires dans le cadre d’une action commune d’acteurs publics internationaux (Suisse, Allemagne et France).

 

Le ministère mentionne aussi en usages innovants: « Preuve de concept de faisabilité du traitement d’archives numériques massives avec des technologies ‘BigData’, pilote sur le web sémantique avec enrichissement de briques libres. »

 

40% des dépenses en logiciels pour 10 éditeurs en 2011

 

A la question sur la répartition des dépenses en logiciels entre libres et propriétaires, la Culture rétorque qu’elle rencontre « d’importants obstacles méthodologiques et pratiques » (seul  à ce jour le ministère de l’Agriculture a répondu sur ce point précis, tandis que celui de la Ville a précisé ses dépenses en logiciels propriétaires).

 

Mais le ministère de la rue de Valois donne des éléments chiffrés sur les dépenses de logiciels de la période 2008-2011 (passées au total de 1,660 million d’euros en 2008 à 1,820 million en 2011). Ces dépenses sont réparties entre trois segments. *

 

Le premier porte sur les 10 premiers éditeurs (1), qui représentaient 480.000 euros (soit 28,9% des dépenses totales) en 2008 et ont atteint 730.000 euros (40,1% des dépenses totales) en 2011. Le 2e segment est celui des logiciels et du support des petits et moyens éditeurs et fournisseurs, monté de 790.000 à 960.000 euros entre la première et la dernière année de la période. Le 3e segment est celui des logiciels spécialisés (utilisés par le seul ministère de la Culture), à 390.000 euros en 2008 et 130.000 euros en 2011.

 

Le ministère de la Culture indique enfin qu' »ont pu être identifiées sur les années 2008 à 2012 les dépenses suivantes en test, support ou enrichissement de souches libres », de 620.000 euros en 2008, 210.000 euros en 2009, 230.000 en 2010, 220.000 en 2011 et 420.000 en 2012.

 

Education nationale: une forge logicielle depuis 2008

 

Le ministère de l’Education nationale souligne dans sa réponse que « avant même la publication de la circulaire précitée du Premier Ministre, des actions de migrations de logiciel propriétaire vers les outils du libre avaient été engagées dans les équipes en charge de l’ingénierie logicielle des produits nationaux (déployés dans tout le ministère, administration centrale, services déconcentrés, établissements publics et écoles), et se poursuivent actuellement dans le cadre de la nouvelle feuille de route ».

 

Le ministère a développé depuis 2008 « une compétence autours des outils de développement logiciels collaboratifs, appelés ‘forge de développement’ », utilisée par tous les projets nationaux du ministère depuis 2011 (hormis le programme de refonte des SIRH [systèmes d’information de gestion des ressources humaines], engagé avant).

 

Plusieurs exemples de passage aux logiciels libres

 

– Courant 2011, le ministère de l’Education nationale a lancé des expérimentations avec un outil du monde libre, la suite Squash (promue par la société Hénix), « expérimentations qui se sont montrées concluantes ».

 

– En janvier 2012, le comité de pilotage « qualification » a statué sur l’abandon progressif de l’outil HP au profit de la suite libre Squash. Les analystes ont été équipés fin 2008 de l’outil propriétaire d’IBM (RSA); le ministère a acquis 85 licences dans le cadre d’un contrat de trois ans. Fin 2012, le ministère a fait le choix de migrer vers les solutions du libre et n’a pas renouvelé le marché de maintenance avec IBM, indique-t-il.

 

– 23.000 serveurs EOLE ont déjà été déployés dans les établissements scolaires. EOLE est un projet collaboratif fondé sur la philosophie d’Ubuntu « permettant d’installer des serveurs dédiés (pare-feu, serveur de fichier administratif ou pédagogique, VPN, client-léger, etc). EOLE est une solution officielle interministérielle dans le cadre du groupe DISIC MIMOS » [NDLR: la Disic est la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication, MIMO la Mutualisation InterMinistérielle pour une bureautique Ouverte].

 

– « Depuis une dizaine d’année, le ministère de l’éducation nationale a choisi de déployer ses grands projets nationaux basés sur les briques logicielles du libre »: plus de 4.000 serveurs basés sur la distribution Linux de Red Hat sont déployés dans les rectorats.

 

L’administration centrale du ministère de l’Education nationale prend en charge une partie des achats de logiciels et de supports pour l’ensemble des services centraux et déconcentrés. « En 2012, cette part s’est élevée à 4,27 millions d’euros dont 220.000 euros dépensés en prestations de support aux logiciels libres. En 2013, la dépense prévue s’élève à 2,2 millions d’euros dont 350.000 euros dépensés en prestations de support aux logiciels libres. »

 

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