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Archive for 13 avril 2016

Linus Torvalds : « Le desktop n’a pas été vraiment conquis »

Posted by CercLL sur 13 avril 2016

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C’est un sujet récurrent : quand Linux lancera-t-il vraiment une invasion sur les machines de bureau ? Beaucoup ont l’impression que l’ensemble du projet – qui n’était au départ qu’une création de Linus Torvalds pour ses propres besoins – n’a jamais dépassé le succès d’estime puisqu’on ne le voit presque « nulle part ». Tout dépend en fait où on regarde, et surtout ce que l’on appelle Linux.

Parle-t-on de noyau ou bien de système entier ? Linux, au départ, est bien un noyau, pas un système. De ce point de vue, sa réussite est plus que concrète. Il n’y a qu’à regarder du côté des appareils mobiles, où Android règne en maître. Au centre de la plateforme mobile de Google, c’est bien un noyau Linux. Il a été modifié selon les besoins de la firme de Mountain View, mais c’est bien là l’avantage principal de tout ce qui touche au libre : l’adaptation et la personnalisation.

Loin des yeux, proche du coeur

Des produits comme ChromeOS et FirefoxOS reprennent eux aussi un socle Linux, et on sait que différentes distributions ont un vrai succès dans les environnements serveurs. Mais il reste un domaine dans lequel Debian, Ubuntu, Fedora et les autres n’arrivent décidément pas à percer, et c’est bien le « desktop ». L’ordinateur de monsieur tout le monde, les postes de travail en entreprise, bref, ces centaines de millions d’unités centrales où Microsoft dispose d’une part de marché écrasante.

Pourquoi une telle absence ? On pourrait sans doute débattre sur de longs chapitres des forces et des faiblesses de chaque système, des stratégies commerciales, des contrats qui permettent à Microsoft de fournir Windows aux OEM depuis bien longtemps ou plus simplement de la très forte inertie des habitudes. Mais on retiendra globalement que s’il est « simple » de remporter un succès technique, plaire visuellement est une autre paire de manche. Microsoft l’a d’ailleurs appris à ses dépens avec Windows 8.

Linus Torvalds est loin d’en avoir fini avec Linux

Avec un noyau Linux qui fêtera en août ses 25 ans, qu’en est-il alors de la vieille ambition d’atteindre le desktop ? Linus Torvalds, récemment interviewé par CIO, ne se voile pas la face : « Le desktop n’a pas été vraiment conquis comme Linux l’a fait dans bien d’autres domaines, mais si je regarde ma propre utilisation, mon bureau est bien meilleur que je ne l’aurais jamais imaginé. »

Torvalds, célèbre pour ses colères quand le travail n’avance pas comme il le souhaite, semble en fait estimer qu’il a une part de responsabilité dans l’état actuel : « Je suis connu pour ne pas être poli avec les gens qui s’occupent des interfaces des bureaux, parce que je veux que mon travail soit fait. « Joli » n’est pas ma préoccupation principale. Je suis en fait très satisfait avec le bureau Linux, j’ai commencé le projet pour mes propres besoins, qui sont complètement couverts. C’est pourquoi, pour moi, ce n’est pas un échec. J’adorerais évidemment que Linux envahisse ce monde aussi, mais il s’avère que c’est un domaine très difficile à conquérir. Je travaille toujours dessus. Cela fait 25 ans. Je peux le faire encore pendant 25 ans. »

« Je dis toujours que je ne sais pas où en sera Linux »

Linus Torvalds ne code plus lui-même depuis un certain temps. Comme il l’indique dans l’interview, il s’occupe essentiellement de supervision. Il n’a pas réellement de plans pour l’avenir, indiquant qu’il n’a de prévisions que pour les « 24 prochaines minutes ». Il ajoute : « Je dis toujours que je ne sais pas où en sera Linux. La seule chose dont je me préoccupe, c’est de faire le maximum sur une journée. Si vous vous occupez des détails, je pense que la vision générale suit. » Un avis d’ailleurs illustré par le fonctionnement du noyau, dont les différentes versions mettent simplement en avant ce qui est prêt à ce moment.

Le fait est que parler de « bureau Linux » est en soi imprécis. Il en existe de nombreux, dont les deux plus connus, KDE et GNOME, sont la plupart du temps visibles sur toutes les distributions les plus populaires. On en trouve de nombreux autres, comme Xfce, MATE et Cinnamon, et chaque équipe de développement poursuit sa propre vision. On retrouve ici la principale force et la principale faiblesse du logiciel libre : chacun peut faire ce qu’il veut, entrainant simultanément un riche foisonnement de projets et un éclatement des ressources et des développeurs disponibles.

Les interfaces, ce domaine à part

Ce n’est pourtant pas faute de voir dans les plus gros projets des améliorations significatives et de vraies forces qui s’affirment avec le temps. De nombreux environnements ont joué la carte de la ressemblance avec Windows pour appâter l’utilisateur. Après tout, si l’interface se pilotait de la même façon, il y aurait forcément des transfuges. Mais la réalité est beaucoup plus complexe que ça. KDE et GNOME, notamment, ont abandonné progressivement cette idée, évoluant vers des ergonomies nettement plus distinctes.

La vérité est qu’une interface, prise dans son sens le plus large, réclame un travail titanesque. Des sociétés comme Apple, Google ou Microsoft y investissent des budgets colossaux, car elles savent que les produits qu’elles proposent auront beau permettre une meilleure productivité, ils ne seront pas utilisés si l’interface ne plait pas. Ce point particulier donne lieu à une véritable guerre des styles graphiques notamment, Apple jouant toujours de la sobriété, Google avec son Material Design et Microsoft avec un Metro ayant depuis largement évolué. Quand on sait qu’une seule police comme San Francisco chez Apple ou Calibri chez Microsoft réclament parfois plusieurs années de travail, on a une idée du chemin à accomplir.

« Nous avons fait un peu de tout »

Linus Torvalds, en tout cas, ne propose pas de solution en la matière. Il n’est clairement pas pour une unification des ressources autour de projets centraux, et compte bien sur une prolongation de l’état actuel : « Beaucoup de personnes ont eu une vision, mais elles sont complètement différentes. Les gens savent où ils veulent emmener Linux, mais il n’existe aucun plan cohérent et c’est, je pense, ce qui a fait de Linux un système assez bien équilibré. Parce que personne n’a dit : voici la direction, et nous allons la suivre, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Nous nous sommes simplement étendus et nous avons fait un peu de tout. »

Rappelons tout de même que Linux, dans sa globalité, est évidemment un succès. Il a beau être pour certains loin des yeux, il est pourtant souvent présent en arrière-plan. D’ailleurs, si sa présence était indétectable, Microsoft n’aurait pas décidé de travailler avec Canonical pour intégrer dans Windows 10 un sous-système Linux capable, entre autres, de faire fonctionner Bash.

Source nextinpact.com

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Firefox 45.0.2 règle un souci avec les Media Extensions

Posted by CercLL sur 13 avril 2016

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Mozilla a publié une révision mineure de Firefox. Estampillée 45.0.2, elle corrige plusieurs problèmes potentiellement gênants, mais ne comble aucune faille de sécurité particulière.

Firefox 45.0.2 est fait pour régler quelques soucis dont certains utilisateurs ont été affectés. C’est en particulier le cas d’un bug qui pouvait survenir lors d’une lecture vidéo faisant appel aux Media Source Extensions, par exemple sur Netflix. Un autre pouvait provoquer des erreurs dans l’en-tête HTTP cookie si certains cookies tiers étaient bloqués. En outre, certains uploads spécifiques pouvaient s’avérer difficiles.

Comme toujours, Firefox propose son propre mécanisme de mise à jour, qui reste la méthode la plus simple pour récupérer la dernière version. Ceux qui veulent télécharger l’installeur n’auront qu’à sélectionner l’un des liens ci-dessous :

Source nextinpact.com

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Tofino : Mozilla expérimente des choix ergonomiques radicaux

Posted by CercLL sur 13 avril 2016

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Une petite équipe au sein de Mozilla travaille sur le projet Tofino, qui doit aboutir ou non à un renouvellement complet de Firefox. Les quelques ingénieurs sur le projet exploreront des pistes durant les trois prochains mois, avec pour mission de présenter un résultat viable.

C’est un projet qui fait couler de l’encre. Le responsable Mark Mayo a autorisé une petite équipe d’ingénieurs et de développeurs à travailler sur des concepts ergonomiques, nom de code « Tofino », qui pourraient bousculer complètement l’orientation de Firefox dans les prochaines années. Point intéressant, Mayo indique que ce groupe avance de manière totalement isolée, afin de ne pas affecter le reste de Mozilla, et réciproquement.

Les attentes ont changé

« Ce que nous attendons d’un navigateur – à la fois sur PC et sur les appareils mobiles – a beaucoup changé depuis Firefox 1.0, et des approches nouvelles n’ont que trop tardé ». Il n’est pas question ici du cœur de Firefox, ce que l’on pourrait qualifier de mécanique sous le capot. De ce point de vue, Mark Mayo indique que de très grandes améliorations sont en approche pour l’année 2016, la plus importante étant sans conteste le projet Electrolysis (ou e10s). Ce dernier permettra pour rappel un découpage du logiciel en plusieurs processus, permettant notamment une répartition des calculs. Ce que pointe le responsable, c’est bien l’interface du navigateur, et plus globalement son ergonomie.

Voilà comment est né le projet Tofino, du nom de la petite ville située sur l’île de Vancouver. Plusieurs membres de Mozilla avaient des idées nouvelles et se sont battus pour ne pas les laisser disparaître. Mark Mayo leur a permis de travailler partiellement pendant six semaines sur un concept central, qu’il juge assez viable pour le faire passer à l’étape suivante. L’équipe va donc littéralement s’enfermer à Tofino pendant trois mois : aucun transfert interne, pas d’accès aux calendriers, désinscription de toutes les listes de diffusion et aucune participation aux réunions de Mozilla.

Trois mois pour prouver que les concepts sont viables

Durant cette période particulière, les quelques personnes de l’équipe n’auront qu’une seule tâche : travailler à rendre leur projet crédible. Mark Mayo aborde en ce sens une problématique assez particulière : le dilemme de l’innovation. Puisque l’idée est de tester une nouvelle conception de l’ergonomie d’un navigateur, le résultat ne pourra que provoquer une grande cassure dans les habitudes et dans l’image même que renvoie Firefox.

« Ce qui n’est pas simple à comprendre pour quiconque n’a pas expérimenté le revers de tout produit ayant du succès est qu’inventer quelque chose de novateur et de différent est incroyablement difficile. Chaque petite décision peut déployer une écrasante vague d’énergie Stop ». Ce dernier point est un concept unifiant sous un terme-valise (« stop energy ») les forces qui peuvent mettre à l’arrêt un projet. Par exemple, si le concepteur lance une idée et espère de l’aide, des retours constructifs ou des critiques, il doit s’attendre à ce que d’autres lui expliquent en quoi il ne devrait pas poursuivre.

Il s’agit d’un point crucial pour Mark Mayo : « À un niveau académique, c’est fascinant. Tout le monde a lu quelque chose à ce sujet. Quand vous le vivez, c’est très personnel. La raison pour laquelle mettre de nouveaux objets dans de vieilles boutiques est difficile n’est pas, je pense, parce que les gens sont mauvais, stupides, sabotent activement les nouveaux projets ou d’autres non-sens de ce genre. C’est majoritairement parce que faire la moindre chose qui aurait un impact concret sur le produit actuel crée d’inévitables tensions »

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Les premiers croquis de l’équipe

« Ne pas avoir un super Firefox tuera Firefox. C’est tout »

Il craint particulièrement les décisions prises dans le cadre d’un projet novateur et leur interprétation par ceux qui observent de loin. Par exemple, le prototypage du projet Tofino ne s’appuie ni sur le moteur de rendu Gecko, ni sur le langage XUL. Il utilise les frameworks Electron et React pour de simples questions pratiques de création d’interfaces. Cela signifie-t-il que Mozilla va abandonner ces technologies et partir sur des bases nouvelles ? Non, simplement que ces outils sont utilisés pour ces besoins particuliers et que l’équipe Tofino ne se concentre que sur la recherche ergonomique. « Avant même que vous ne le sachiez, tout le monde passe des heures sans fin à s’inquiéter au sujet de développement que nous ne pouvons de toute manière pas contrôler. Ne pas avoir un super Firefox tuera Firefox. C’est tout ».

La consigne pour l’équipe est donc simple : se concentrer sur le travail qu’elle doit accomplir, en supprimant tous les parasites potentiels, qu’ils soient internes à Mozilla, ou externes. Si l’on s’en tient au florilège d’articles indiquant notamment que Firefox utilisera dans l’avenir les technologies de Chromium (à cause d’Electron), les craintes de Mark Mayo semblent justifiées. Mais n’en déplaise aux amateurs de théories apocalyptiques, le responsable devra d’abord être convaincu : si l’équipe de Tofino ne prouve pas au terme des trois mois que le concept est viable, le développement sera tué dans l’œuf.

L’équipe veut simplement expérimenter tranquillement

En somme, Tofino aura ou non un impact, remettra ou non en cause l’emploi de certaines technologies, convaincra ou non, on ne le sait pas pour l’instant. L’équipe dispose en tout cas d’un blog où elle communiquera de temps en temps. Dans le plus récent billet, le développeur Philipp Sackl indique que le travail revient à « concevoir un navigateur qui n’est pas un navigateur ». Il considère le projet Tofino comme une série d’expérimentations qui permettront « d’explorer des idées radicalement nouvelles ».

Rendez-vous donc en juillet pour savoir si le travail de cette petite équipe aura porté ses fruits. En attendant, les tests de l’équipe seront répercutés sur le dépôt Github du projet.

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